La regate est terminée depuis hier. J'ai tenté de vous envoyer un message hier, mais ça a mal fonctionné et j'ai perdu la page entiere que je venais d'ecrire.
Depuis le début de la régate, j’écris sur un ton enjoué, relativisant mes performances, bonnes ou mauvaises. Aujourd’hui non. Je n’ai pas pu poster cette note plus tôt car nous sommes rentrés de l’eau trop tard. En effet, pour cette journée de vendredi, le vent a été très capricieux. Nous avons attendu toute la journée pour finalement, après plusieurs essais, lancer une manche vers 17h30. Le vent était alors rentré au SE entre 6 et 8 nds, comme le prévoyait la prévision. Avant cela, le vent n’arrivait pas à s’installer. Il oscillait trop pour pouvoir permettre une manche.
Une fois au SE, le vent était assez stable sur la zone de course. Nous ne nous trouvions plus du tout dans une configuration de vent aléatoire. Mais plutôt dans une manche de vent relativement régulier où la vitesse est primordiale. Après l’observation de la zone de course, j’avais l’impression que le coté droit du plan d’eau était plus intéressant que le côté gauche, du fait d’un courant favorable. J’avais raison. Le départ était très difficile au côté droit de la ligne (au bateau comité) du fait du nombre de personne à vouloir partir là. J’ai donc décidé de partir dans un endroit où la densité de compétiteur était moindre. Ce n’était pas la meilleure option dans l’absolu, mais je pouvais avoir du vent frais plus facilement. Je me retrouve donc à partir bout de ligne. Je prends un bon départ et décide de renvoyer bâbord pour pouvoir aller sur la droite du plan d’eau.
Je réussis bien mon opération et je passe dans les 10 premiers à la bouée de prés. J’avais une très bonne vitesse dans ces conditions. Durant le deuxième près, je suis vraiment au contact des compétiteurs placés entre 4éme et 8éme. Tout se joue de manière très tactique et les placements par rapport aux adversaires sont primordiaux. Tout se passe très bien pendant le deux tiers du second près, je suis dans les 8 premiers, je me bats comme un chef et je suis virtuellement dans les 33 premiers au classement général. La manche commence à être plus longue que prévu car le vent faiblit. L’organisation est contrainte de faire un parcours réduit pour que la manche ne soit pas trop longue. Ainsi l’arrivée se trouve juste après cette seconde remontée au près. Je suis toujours dans les 10 premiers. Dans le dernier tiers du près, le vent tourne d’un angle de180 ° de manière complètement imprévisible. À ce moment-là, une trentaine de compétiteurs, qui étaient loin derrière moi, se retrouvent largement favorisés par cette bascule soudaine. En l’espace de quelques minutes, je perds 30 places. Je n’ai rien pu faire et là j’avoue que j’ai perdu mon sang-froid. J’avais fait un début de manche exemplaire. Et tout perdre comme cela, à cause d’un vent complètement imprévisible, m’a fait vraiment mal au cœur. Au début du deuxième près, j’étais très proche de rentrer dans les 30 premiers du classement général. Dans n’importe quelle manche classique, j’aurais rempli mon contrat. Au lieu de cela, j’ai regardé, impuissant, ce revirement de situation avec un goût amer. Je finis 36. Si j’étais polie, je dirai que la régate est parfois injuste, mais la je trouve que la régate, c’est parfois de la m…
Nous sommes sorti de l’eau vers 19H. Demain, il ne reste qu’une seule manche au programme. Je vais rester autour de la 40éme place. Je suis dégoûté de finir ainsi. C’est la dure loi du sport, et encore plus de la régate. Ça peut vous paraître excessif comme réaction, mais j’ai vraiment le sentiment d’avoir bien fait les choses, et de ne pas avoir été récompensé.
La prochaine fois, ça marchera.
Remarque: si vous lisez ce blog pour la première fois, reportez-vous au début de l'article DANS LE VIF DU SUJET qui explique comment fonctionne le blog. Si vous ne connaissez rien à la planche à voile olympique, allez voir la note du 24 décembre.
Il y a plein de photos sur le site de la régate. je l'ai mis dans mes liens
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je crois que je vais difficilement terminer sur le podium. Je suis encore 39éme et 120 points doivent se séparer du 3éme. Bon, sur un malentendu… Heu, non même pas. À mais non, ce n’est pas 3éme que je veux faire mais 30éme, j’avais oublié le zéro.
Bon, c’est toujours jouable même si c’est de plus en plus difficile. Une bonne journée peut suffire. Une journée pas comme celle qui vient de se dérouler.
Malgré deux manches plutôt moyennes, voir une moyenne et une mauvaise, j’ai apprécié cette journée de régate. Nous avions un vent de terre, plus à droite et plus instable que le jour 3. Une journée à rebondissement, où tout est possible, mais où le côté aléatoire de la régate est relativement important. Comme le vent est très instable, il devient parfois assez imprévisible. On se retrouver alors parfois dans des bonnes configurations, ou dans des mauvaises, sans vraiment savoir pourquoi. Mais rien n’est jamais terminé pendant la manche et quand on se retrouve dans une bonne configuration, ne surtout pas passer laisser cette chance. Il y a quand même de l’observation et de la stratégie, mais comme personne ne peut réellement savoir comment sera le vent, il faut aussi un peu de feeling.
Pour illustrer tout cela, je vais m’auto choisir pour vous compter mes manches de la journée.
En allant sur l’eau avant la première manche, j’ai réalisé le même protocole d’observation que le jour 3. C’est-à-dire, déterminer d’où viennent principalement les risées (a quel endroit du plan d’eau), quelle forme elles ont et comment elles évoluent. Qu’elle est la direction moyenne du vent actuellement, et que sont les évolutions prévues dans la journée. L’état du ciel peut-il donner un renseignement sur l’évolution du vent…
Contrairement à avant-hier, les choses sont moins simples. Les risées semblent rentrer d’un endroit puis d’un autre de manière assez aléatoire. Elles ont des formes différentes et il n’y a pas de constance dans la façon de les exploiter. Tout est alors un peu flou. Dans ce cas, il faut simplifier au maximum la stratégie. Aller chercher la première zone de pression intéressante et après voir ce qui se passe. Et dans le doute jouer aller là où va la flotte.
Avant le départ, le vent commence à tourner à droite pour se caler plus au SW alors qu’il était S. La configuration du plan d’eau est encore modifiée, ce qui rend la situation encore plus difficile à anticiper. Donc les consignes que je donne plus haut sont encore plus crédibles.
Dans les derniers instants du premier départ, le vent bascule d’un angle de 30° degré vers la gauche. Tout le monde est surpris par cette bascule et la plupart des compétiteurs sont contraints de virer bâbord pour pouvoir passer la ligne. C’est un peu la zizanie. Pour ma part, je prends un bon départ bâbord, dégager, et je me dirige vers la droite du plan d’eau en me trouvant bien placé par rapport au groupe de compétiteur qui se trouve autour de moi. L’erreur que j’ai commise dans ce bord de prés et de ne pas avoir suivi le groupe dans lequel je me trouvais. Je me suis replacé à la moitié du près au milieu du plan d’eau, alors qu’en continuant à droite avec le groupe où j’étais initialement j’aurai bénéficié d’une belle risée qui m’aurait sans doute permis de bien passer à la bouée de prés. Au lieu de cela, j’ai eu peur de d’aller d’un côté de manière un peu plus extrême et je me suis recentré. Quand j’ai fait cela, nous traversions une zone peu ventée et je ne voyais pas de vent arrivé de la droite, d’où mon choix. Je suis le seul du groupe à avoir fait cela, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille. D’un autre côté, dans ce vent, on ne peut se fier à personne. Même les meilleurs peuvent prendre des mauvaises options et faire de très mauvaises manches. À ce niveau de compétition, c’est très serré. Regardez les classements, l’Anglais Nick GBR 1 Fait une manche de 51éme. Ce type est médaille de bronze aux derniers JO, donc ce n’est pas un amateur. Le BRA 1 prend une manche d’environ 40, C’est le dernier champion du monde. Donc dans ce type de conditions, il n’y a pas de leader absolue.
Je finis 26 à cette manche, ce n’est pas trop mal, on peut dire que c’est placé.
La seconde manche fut plus épique. Le vent refait la même chose qu’au départ précédent. Croyez-moi, c’est très imprévisible. Il tourne brutalement à gauche à quelques dizaines de seconde du départ. Je me fais surprendre et je vire bâbord en catastrophe pour pouvoir passer la ligne. Je n’ai pas vu le coup arrivé car j’étais concentré sur mon placement par rapport à la ligne. Résultat des courses, je prends un très mauvais départ. Je me retrouve au milieu d’un paquet et je n’ai plus du tout de vent frais. Donc, dans ce grand cafouillis général, je me pars d’un côté (à gauche) pour tenter de retrouver du vent frais. Une fois à gauche de la flotte, la situation me paraît bloquée et je ne vois pas d’autre solution que d’aller sur le cadre gauche du parcours pour trouver des risées. En plus le Grecque (Nicos Claque moi la cuisse, GRE 1), médaille d’or et d’argent, Fait la même chose que moi, donc je me dis que cette option peut marcher. Hé bien, pas là, non. Au passage à la bouée de près, il ne reste que 3 compétiteurs derrière moi. Et en plus je passe loin des compétiteurs qui me précédent. Comme je l’ai écrit plus haut, dans ce vent, rien n’est jamais terminé. Je me dis ça dans ma tête et j’attends le moment qui pourra éventuellement me faire gagner des places. Et là je tombe sur une bonne configuration au passage de la bouée 2 : Au moment où je commence le vent arrière, alors les autres devant moi n’ont pas trop de vent, je touche une risée qui me permettra de descendre au planning. J’ai eu une occasion de me refaire et j’ai saisi cette chance. Je me suis aussi beaucoup investi physiquement. C’est dans ces moments là que tu sais pourquoi tu passes des heures à faire de la préparation physique et des navigations malgré un vent faible. Je suis ne suis pas la référence du circuit d’un point de vue niveau physique, mais on ne peut pas dire que ce soit un point faible.
Finalement, je termine 38. Dans l’absolue, c’est une mauvaise manche, mais quand je vois que j’ai remonté 17 places, je ne suis pas déçu.
Cette manche illustre très bien le fait que, dans ces conditions, on se retrouve parfois dans des impasses et parfois sur des autoroutes. Un de mes collègues Français, Benj Tiller FRA 39, s’est retrouvé exactement dans la même situation que moi au départ. Il s’est fait surprendre et a pris un mauvais départ. Il a simplement cherché du vent frais, tout comme moi. Mais là où il se trouvait, il a touché une super risée. La bonne exploitation de ce vent lui a permis un passage dans les 10 premiers à la bouée de près. Il m’a vraiment retranscrit cela comme une risée à laquelle il ne s’attendait pas, au même titre que j’ai touché une risée salvatrice au vent arrière.
En tout cas, je trouve ce type de manche assez passionnante. Je n’ai pas été très performant, mais ça peut venir et j’ai déjà fait de belles manches dans ces conditions sur d’autres compétitions.
Dans le clan des Français, ce n’est pas très brillant, à l’exception de Nicolas Le Gal, FRA 115, et Sam, FRA 112. Ils ont été réguliers aujourd’hui et c’est une grande qualité dans ce type de temps.
Bon, demain je vais tenter d’enfin quitter cette place de 39 et de conquérir le monde
À demain pour des nouvelles expectatives absurdes.
La phase de qualification est maintenant terminée. Demain début la phase finale. Les poules ne vont plus êtres brassés. Les 60 premiers vont concourir dans la poule « or » et le reste dans la poule « argent ». Les choses deviennent très sérieuses. À partir de maintenant, il n’y a plus d’ex æquo. Ceci signifie que le même résultat à une manche sera deux fois plus difficile à obtenir. Une manche dans les 10 premiers en final correspond à une manche dans les 5 premiers en qualification et ainsi de suite. Toutes les erreurs vont coûter doubles, et l’on peut se retrouver assez facilement dans les derniers de la poule or. La contrepartie est que l’on peut aussi gagner beaucoup de place au classement général. En 2004, un ancien compétiteur de l’équipe de France est passé de la 22éme place à la 4éme place du classement final du championnat du monde en effectuant une très bonne phase finale. Bon, pour moi la 4éme place, ça va être chaud. Mais je peux encore atteindre mon objectif d’être dans les 30 premiers. Une vingtaine de point doivent me séparer de cet objectif. C’est relativement peu.
Quoi qu’il en soit, si je ne fais pas mieux que quarante, c’est que je ne vaux pas mieux. Bien sure, dans la mesure où je n’ai pas de problèmes qui ne dépendent pas de moi. Comme de la casse matérielle par exemple. Ça peut toujours arriver…
Comme le dit si bien mon entraîneur brestois, il n’y a que le résultat qui compte. Une chose est sûre, le niveau est extrêmement élevé et serré. En témoigne le début de championnat du Brésilien Ricardo Santos, BRA 1. C’est le champion du monde sortant. Je n’ai pas le classement dans la tête, mais il me semble qu’il n’est même pas dans les vingt premiers. Pourtant, il n’est pas ici pour acheter du terrain, mais pour réitérer sa performance de l’année précédente. En regardant les classements de plus près, vous pouvez aussi vous rendre compte que même les premiers du classement font des mauvaises manches. À l’image de POL 126 qui rentre une manche d’environ 30 hier, alors qu’il est réputé pour être performant dans ces conditions. On peut faire le même constat pour POL 82, BRA 1, ESP 7…
Comme on le dit en voile, ça brasse pas mal.
Ceci tient au fait, qu’hier, le vent a soufflé de terre et donc il était beaucoup plus perturbé que les jours précédents. Cela implique que la dimension tactique et stratégique de la régate prend plus d’importance que les jours précédents.
Le plan d’eau était également beaucoup moins agité que par vent de mer. Ces conditions de navigations ressemblaient à celles que l'on a Brest. Je vais vous faire le récit de mes manches d’hier, le dernier jour des qualifications
Je réalise une 14éme place à la première manche et une 20éme place à la seconde. Pour ceux qui ont suivi le live de la régate, j’était initialement classé 18éme à la seconde manche. Cela vient d’une erreur dans les classements, comme il y en a parfois.
Je suis relativement satisfait de cette journée, mais je pense pourvoir faire mieux dans ce type de condition.
Comme je l’ai dit plus haut, nous avions du vent de terre (S-SW). Pour la première manche, le vent soufflait entre 8 et 14 nds et pour la seconde entre 10 et 20 nds. Tout cela sous un grand soleil.
J’ai vraiment pris du plaisir à régater dans ces conditions. Le plan d’eau plat permettait de bonnes phases d’accélération et je me sentais beaucoup plus à l’aise d’un point de vue technique. Ma vitesse était assez bonne pour pouvoir vraiment me concentrer sur la régate. Bien sûr il y a toujours des personnes plus rapides, mais une bonne option ou un bon placement par rapport au vent, peu largement combler le différentiel de vitesse. C’est aussi cela la régate dans ce type de vent instable.
Je trouve que je pourrais éventuellement mieux faire dans ces conditions car j’ai commis quelques erreurs d’appréciations que je peux facilement éviter. Par exemple, avant la seconde manche, j’ai mal-jugé la force du vent et je suis parti avec un réglage pas tout à fait adapté. Pour les planchistes, je suis parti avec le pied de mat au crans 5 alors que le 4 aurai été la bonne option. Du coup, j’ai fait un début de près moins bon que j’aurai pu le faire.
Quoi qu’il en soit, je pense avoir été relativement ébranlé (?) psychologiquement par la seconde journée de régate. Cette troisième journée, à défaut d’avoir été vraiment bonne, m’a redonné confiance.
Pour les régatiers qui lisent cette note, je vais livrer mon analyse stratégique des manches d’hier.
Nous sommes sur du vent de terre et nous régatons proche de la côte. Sur notre support capable d’une grande capacité d’accélération, la chose la plus importante est d’aller chercher la pression. Une fois dedans, il faut déterminer le bord sur lequel on exploite au mieux cette risée et comment aller chercher la pression suivante.
En allant sur la zone de course, je me suis attardé sur une analyse de la forme et l’évolution des risées. Il me semblait qu’elles s’exploitaient globalement mieux en bâbord. C’est-à-dire, qu’on y restait plus longtemps qu’en tribord. D’autre part, elles n’avançaient pas vite sur le plan d’eau. Il fallait donc un peu s’enfoncer dedans pour être sûr d’en bénéficier. Ne pas virer un peu en dessous, sous peine de ne pas toucher l’effet tout de suite et de perdre des précieux mètres.
Donc en résumé, aller chercher la première pression après le départ, l’exploiter en bâbord et après, voir d’où vient la prochaine zone de vent. Si on ne voit rien arriver, choisir le coté qui semble le plus souvent alimenté par les risées dans l’attente de toucher un effet. Être capable de tout remettre en cause en plein milieu de prés. Et, arrivé au dernier quart du prés, choisir le coté sur lequel on va finir et s’y tenir. Savoir si une évolution du synoptique est prévue dans la journée, et si c’est le cas, observer les signes annonciateurs d’une éventuelle bascule.
J’en reste là pour l’analyse. Il y a encore tellement à dire sur les placements par rapport aux adversaires, les passages de bouées, la gestion du départ…
La prochaine fois, j’embauche des nègres (en écriture bien sure) pour traiter tous les sujets.
D’ici là, j’ai hâte que d’être sur la ligne de départ de la première manche de demain. Pour en découdre !!
Non mais des fois, je vais pas me laisser impressionner par une quarantaine de guignol en combinaison moulante. C’est qui le patron ici !!
A demain pour de nouveaux excès de confiance.
La moitié du championnat est maintenant terminée.
Un tiers de la régate réalisé. Pour utiliser une expression de planchiste, aujourd’hui j’ai ramassé les bouées. On a eu les conditions que je redoutais tant. 12-14 nds et plan d’eau agité. La première conclusion que je peux tirer de cette journée est que mon travail de vitesse, les jours précèdent, n’a pas été fructueux.
Je termine 30éme à la première manche et 36éme à la seconde. Je suis relégué à la 40éme place du classement général. Ce n’est pas la catastrophe, mais ce n’est pas terrible. Je prends cela avec philosophie, mais bon, c’est toujours frustrant ce genre de journée de compétition. Ma vitesse ne me permettait pas de régater. Je ne faisais que subir.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans ces conditions, la vitesse est primordiale. Le vent est assez stable et la perte de distance à chaque virement nous contraint à vraiment limiter le nombre de virement par bord de près. Ainsi il ne faut pas faire plus de trois virement dans le bord de près. Ce qui est peu par rapport à un bateau classique qui peut s’en permettre beaucoup plus. Ceci réduit considérablement le nombre d’options stratégiques et donc augmente l’importance de la vitesse. En conséquence, quand la vitesse n’est pas au rendez-vous, il n’y a pas grand-chose à faire. Il faut essayer de limiter la casse, faire le moins d’erreur possible. C’est ce que pense avoir fait aujourd’hui et j’ai doublé le peu de place que je pouvais. Donc je ne suis pas déçu de la manière dont j’ai navigué. Mais simplement d’être mauvais dans ces conditions. Ceci remet en cause la façon dont je m’entraîne. Pas mon investissement personnel, ni mon encadrement, mais plutôt le lieu où je m’entraîne. Je crois qu’avec mon gabarit et avec le fait que je n’ai pas de grandes qualités naturelles de glisse, je dois passer plus de temps à naviguer dans des endroits où l’on rencontre ce type de condition, de manière systématiques. Faire des heures de navigation et de réglage. À Brest, je m’entraîne dans un bon groupe et dans une bonne structure, mais je suis trop stéréotypé aux conditions de mon plan d’eau.
Ainsi l’analyse des manches est assez simple. Avoir une bonne vitesse et après un bon départ, faire un cadre, soit gauche, soit droit. C’est que les premiers ont fait et ce que j’aurais aimé faire. Mais comme avant d’arriver sur un cadre, j’étais déjà dans le dévent des voiles des autres compétiteurs plus rapides que moi, j’ai été contraint de virer avant d’arriver sur le cadre.
Ce n’est pas grave, la régate est encore longue. De plus, sur l’ensemble des manches, la plus mauvaise ne compte pas. On appelle cela la discard. Donc si je fais des bonnes manches dans les prochains jours, ma manche de 36 ne sera peut-être pas prise en compte.
Mon objectif final est de terminer dans les 30 premiers. Donc pour l’instant c’est loin d’être compromis, mais je dois m’accrocher.
Pour ceux qui pensaient que je venais ici pour être champion du monde, ils vont être déçu. Je viens ici pour faire de mon mieux et je me suis fixé dans les 30 premiers comme objectifs de performance. Se fixer champion du monde aurait été surréaliste et stupide. Et cela n’aide en aucun cas à le devenir un jour.
En espérant que demain j’aurai de meilleures nouvelles à vous apporter, je vous dis à demain pour deux nouvelles manches de ce championnat du monde.
Ça y est, nous avons réalisé un sixième du championnat. Deux manches sur les onze au programme.
Une première journée satisfaisante pour moi, mais je vais vous décrire cela plus tard. Avant je fais un cours de rattrapage pour ceux qui ne savent pas comment se déroule ce type de compétition. C’est l’objet du paragraphe suivant.
Nous avons 6 jours de compétition entrecoupée par un jour de réserve. Les trois premiers jours appartiennent à la phase qualificative. Le jour suivant est le jour de réserve. Cette journée peut permettre à l’organisation de combler un éventuel retard sur le programme des courses. S’il n’y a pas de retard, c’est une journée de repos. Les 3 derniers jours sont les phases finales.
Comme le nombre de concurrent est important (120 compétiteurs), la flotte est scindée en 2 poules équivalentes. Pendant la phase qualificative, les poules sont brassées tous les soirs en fonction du classement de la journée. Cela permet d’obtenir deux poules de niveau à peu prés équivalents. À l’issue de cette première phase, la première moitié du classement passe en final « or » (gold fleet) et l’autre moitié en final « argent » (silver fleet). C’est un peu pompeux ces termes de « or » et « argent ». Pour toute la durée des finales, les poules ne changent pas. Ainsi, un compétiteur qui se trouve en final argent ne peut pas être mieux classé que la moitié du nombre de compétiteur plus un. Sur 120, le premier de la final argent est classé 61 au final.
Ce système fait que, pendant les phases qualificatives, vous allez voir des compétiteurs ex æquo sur chaque manche. Ce n’est pas qu’ils sont arrivées juste en même temps, mais plutôt qu’ils n’appartiennent pas à la même poule.
Je disais donc plus haut, que je suis satisfait de ma première journée de compétition. Le vent de NE tournant N a soufflé entre 7 et 10 nds. Le plan d’eau est toujours aussi agité par rapport à la force du vent. Je termine 12éme à la premier manche et 14 à la seconde. Des résultats qui ne sont pas excellents mais bons. Je rappelle que nous sommes une soixantaine par poule.
Le vent était oscillant et assez imprévisible. De plus avec le reflet du soleil sur l’eau, la lecture du vent sur la mer était délicate. Ainsi, il était difficile d’établir une stratégie à l’avance. Il fallait plutôt naviguer à la sensation et observer en permanence ses adversaires pour avoir une lecture directe su vent sur le plan d’eau. Ce sont des conditions ou il y a une composante incertitude assez importante. En conséquence on peut très bien choisir les mauvais bords et faire une très mauvaise manche, malgré une bonne vitesse. C'est le cas du Portugais POR 75 qui posséde une des meilleurs vitesse et qui fini 18éme à la 1er manche alors qu'il gagne, haut la main, la seconde.
C’est pourquoi, je suis satisfait d’avoir fait de ma régularité. Je suis surtout content de ma première manche car je pense avoir bien régaté. La seconde est plus mitigée. Ce qui me manque pour faire des très bonnes manches dans ce temps, c’est de la régularité dans mon premier bord de près et peut etre faire moins de virement, des bords plus simples. Je fais de bons départ, mais je dois manquer un peu de concentration sur mes débuts de près car c’est principalement là que se creuse l’écart.
Je pointe 24 au classement général. Ce n’est que la première journée donc ce classement va sans doute beaucoup évoluer. Je prends juste cela comme une bonne entrée en matière.
Vous pouvez consulter le classement général sur le site. Allez dans results (et un truc comme live) à droite de la page. Puis dans overall men. Une page de classement va s’ouvrir. Il y a les classements des deux poules séparées, puis un classement général qui tient compte des 2 poules. C’est celui-la qui est intéressant.
Vous verrez, si vous consultez ces résultats, que les Français sont performants dans ces conditions. En particuliers Nicolas Le Gal alias Dave (FRA 115) qui réalise 2 très belles manches.
A demain pour de nouvelles aventures.
J-1 avant le début des vraies courses.
J’avoue que ce matin, j’étais un peu dans un état de stress. Je tenais absolument à partir sur l’eau comme si j’allais participer à une vraie manche. Et comme j’avais encore des mises aux points sur mon matériel, il fallait que je pense à régler plusieurs choses avant mon départ sur l’eau. De plus, je commence à vraiment avoir hâte de commencer, d’en découdre avec les autres concurrents. Depuis quelques jours, je commence à être impatient. Je trouve le temps long. Ce qui est drôle, c’est que quand ça commence, tout s’accélère.
En outre, je me sens un peu fatigué. Mais non pas de manière excessive. J’ai toujours cette impression avant les grosses compétitions. Le stress sans doute. Et je ressentirai le regain de fraîcheur que vont m’apporter mes 2 jours de repos sans doute les jours à venir. Il y a toujours une sorte d’inertie dans l’état de forme.
Une fois les premiers bords passés, mon stress c’est estompé. Une fois bien concentré, dans le vif du sujet, tout va mieux.
Je ne pense pas être beaucoup plus angoissé que la moyenne des concurrents. Je pense que j’ai juste le courage de l’admettre. Et je préfère reconnaître réellement mon état d’esprit plutôt que de le subir de manière inconsciente.
Pour la manche d’entraînement, nous avons un vent oscillant entre le N-NW et le N-NE (340 au 10) soufflant entre 7 et 11 nds. Plus irrégulier qu’a son habitude. Le chenal principal du port d’Auckland traversait la partie droite de notre zone de course. Ainsi une forte veine de courrant nous épaulait au près sur la droite.
Pendant la manche, la flotte s’est divisée en 2; une partie Cadre droit, l’autre cadre gauche.
Certains, qui étaient à gauche, ont viré au milieu du près pour profiter des zones de pressions plus exploitables en bâbord qu’en tribord.
Je dois débriefer avec les autres pour savoir quelle fut la meilleure option.
Une chose est sûre, il fallait un bon départ pour tout de suite avoir le contrôle de son groupe de concurrent avoisinant, et ensuite voir où ça nous mène.
Dans certaines conditions, un mauvais départ peu tout de suite se rattraper par un coup tactique. Aujourd’hui non. Même si le vent est oscillant, les différences de vent ne sont pas assez significatives pour rattraper un mauvais départ.
Pendant la régate, je ne sais pas si j’aurais beaucoup de temps à consacrer à ce blog. Les fans de la rubrique People m’en excuseront.
Mais si jamais les manches sont exécutées assez vites, on énergie potentielle d’écriture se verra augmentée. Par contre l’énergie cinétique des doigts sur mon clavier, elle est toujours constante. Il n’y a que mon énergie cinétique d’histoire débile qui peut, d’un moment à l’autre, tendre vers l’infinie.
À demain pour d’autre transfert d’énergie.
Au programme, 2 manches !!
PS : vous pouvez suivre les résultats des manches sur le site Internet du championnat que j’ai mis en lien. Allez dans Results and Live News à droite sur l'écran. Pour les noctambules, il y aura meme les résultats des manches en live.
C’est la journée des derniers préparatifs. Je suis passé au marquage et à la jauge du matériel. Je dois encore peaufiner mon équipement. Ainsi je n’ai pas vraiment le temps d’actualiser ce blog avec une note conséquente.
D’un point de vue sportif, un petit footing et une bonne séance d’étirement seront largement suffisants pour aujourd’hui. Demain, c’est la manche d’entraînement et je la faire en configuration régate, comme si c’était une vraie manche.
Je tacherai de vous expliquer sommairement comment se déroule la compétition, mais demain. Là je dois aller ajuster ma dérive et mon aileron.
À demain pour le début des choses sérieuses.
Ps : j’ai ajouté 2 petites photos
Remarque: si vous lisez ce blog pour la première fois, reportez-vous au début de l'article DANS LE VIF DU SUJET qui explique comment fonctionne le blog. Si vous ne connaissez rien à la planche à voile olympique, allez voir la note du 24 décembre.
Les mots qui ne sont pas compréhensibles par des non-initiés seront marqués et expliqués en bas de la note.
Contrairement aux jours précédents, je vais débuter cette note par une véritable info : J’ai enfin retrouvé mon bronzage agricole. En effet, ma combinaison shorty, avec haut débardeur, m’offre de belles démarcations sur les épaules et les cuisses. C’est la classe. Non pas américaine mais plutôt creusoise. Je n’ai pas encore le niveau des cyclistes du tour de France qui excellent dans ce domaine de l’esthétisme corporel mais j’y travaille dur.
Les inscriptions à la régate ont débuté aujourd’hui. Il y a plusieurs formalités à accomplir pour participer à un championnat international. Quelques documents à remplir pour l’identification du participant et surtout le marquage et la jauge du matériel. En effet, L’organisation vérifie scrupuleusement que nous avons tous le même modèle de planche à voile (Neil Pryde RSX). C’est pourquoi, les numéros de séries des pièces constituant l’ensemble sont identifiés et les poids de certain élément sont vérifiés pour s’assurer que les matériaux de composition n’ont pas été modifiés. Une fois que le matériel est marqué, on n’a pas le droit d’en changer. Le seul motif qui justifie un quelconque remplacement est une la casse matérielle.
Pour que toutes ces dispositions aient un sens, l’organisation a recours à des contrôles de jauges systématiques pendant les jours de compétition. Ainsi, il est difficile de frauder.
Depuis ce matin, le début des inscriptions a plongé le club dans un état d’effervescence. Les compétiteurs s’empressent de s’affranchir des formalités que je vous ai exposées plus haut. Pour ma part, je réglerai cela demain. Aujourd’hui je voulais m’accorder une journée tranquille.
Météo
Comme je suis dans ma chambre, je vous donne la météo de ma chambre. L’air est relativement stable et les murs sont toujours de la même couleur. Le seul élément qui à changé, depuis que je suis cette chambre, c’est le bazar que j’y ai mis. Je n’ai pas beaucoup d’affaire avec moi, mais je sais les disperser de manière optimale pour m’approprier les lieux. Des années d’entraînement dans l’art d’être un gros bordelique…
Mon lit est assez plat et je n’ai aucun problème technique pour y naviguer dans mon sommeil. Je peux même dire que j’écrase.
Bon, je vous épargne la météo de la piscine et celle de la cuisine qui viendrait compléter la météo générale des principaux lieux où j’ai passé cette journée.
Plus sérieusement, j’ai quand même jeté un petit coup d’œil à ce qui se passait sur le plan d’eau. Depuis ce matin, souffle un vent de S-SW similaire à celui dans lesquels j’ai navigué à l’occasion de mon premier entraînement sur place. La différence est que ce n’est pas un vent thermique comme la dernière fois mais un vent synoptique apporté par la dépression qui est à proximité de l’île. Il y aura sûrement des informations sur le plan d’eau à récolter ce soir auprès de mes collègues qui ont été sur l’eau aujourd’hui.
Préparation à la régate.
Comme ma préparation de ce jour consiste à ne rien faire, je vais vous raconter ma navigation d’hier.
Je vais l’expliquer de manière assez technique et si vous n’êtes pas un régatiers confirmés, vous n’allez pas comprendre mon récit. Pour les plus curieux, vous pouvez tenter de lire le paragraphe qui suit et pour les autres, je vous conseille de passer à la rubrique suivante.
Après quelques bords de vitesse en compagnie de Bobby (FRA 8) et de Benjamin Tiller (FRA 39), je me suis aligné sur le départ d’une des manches d’entraînement. Le vent soufflait entre 6 et 9 nds, et le plan d’eau était toujours aussi agité. Le vent était au NE. En fait, en allant du NW au NE, le vent comporte un peu les mêmes caractéristiques. Un vent de mer, relativement stable et oscillant. Ce qui peut changer, c’est la période des oscillations associées à des zones de pression. Pour mes collègues planchistes qui ne sont pas présents, Je trouve que cela ressemble un peu au vent thermique que nous avons déjà eu sur la coupe de France de Carnon.
On est donc dans des conditions ou la vitesse est importante et les options délicates à vraiment déterminer à l’avance. Si les oscillations sont suffisamment longues pour durer tout un bord de près, il faudra pousser les bords jusqu’aux cadres et donc s’enfoncer dans le refus. Sinon il faudra savoir profiter du bord adonnant qu’offre la bascule sans s’enfoncer dans le refus. Mais le plus important dans ce type de condition sera de naviguer dégager et libre en conduite pour pouvoir exploiter au mieux les variations du vent. Ne pas chercher le contact.
C’est mon analyse maintenant, mais je suis peu être à côté de la plaque. Les observations le jour J primeront sur mes spéculations.
Hier, je suis passé en tête au près en allant quasiment chercher le cadre gauche, mais pas complètement. Comme je l’ai expliqué plus haut, j’ai tout de suite profité du premier refus pour virer. J’étais en compagnie de colère noire. Les autres personnes qui sont allées plus à gauche ont perdu beaucoup de terrain en virant plus tard. Ceux qui étaient sous notre vent n’ont pas bénéficié autant de l’effet. Nous sommes 2 à être passé vraiment bien de la gauche du plan d’eau. Le groupe de droite est mieux passé d’une manière générale.
Je me suis arrêté à la bouée sous le vent, mais d’après ce que m’a dit POL 82 qui m’a passé au portant, le 2éme près est nettement passé à droite. Donc s’attendre à tout. D’une manière générale, sur cette manche d’est mieux passé à droite.
People
J’ai ajouté des photos commentées…
Je vous également fait des portraits des autres Français présents pour que vous puissiez les identifier pendant la régate.
Sinon, j’ai fait la connaissance d’un Russe (cf. la photo). Ceux qui pensant que j’allais leurs présenter un sosie de Boris Helsine, avec la même coupe rose et une fraise en guise de nez, seront déçus. Pourtant j’aurais aimé trouver cette perle rare dans notre milieu…
Le point commun que nous avons est, non pas le gabarit, mais le numéro de voile. C’est le RUS 17. C’est la seule accroche que je peux vous proposer. Passionnant, non ?
Il s’appelle l’équivalent d’Antoine en Russe. Je voulais juste savoir comment il en était arrivé là et comment s’articulait sa pratique au pays des désillusions communistes. Il navigue sur la mer Noire où un climat assez clément permet de naviguer toute l’année. Leur structuration fédérale ressemble à la nôtre. Mais à une échelle beaucoup plus petite. Ils ne sont que 5 à concourir au niveau national. Deux d’entre eux sont défrayés en totalité comme le sont les membres de l’équipe de France. Les autres doivent jongler entre les aides de leur région, celle de leur club et des apports financiers personnels pour assumer le coût de leur pratique. C’est exactement comme nous. Par contre, ils n’ont pas de structure d’entraînement gratuite comme ne France. D’après ce qu’il m’a dit, la pratique sportive de haut niveau semble être valorisé au niveau scolaire. Comme chez nous, mais apparemment de manière plus poussée.
Voilà pour aujourd’hui.
N’hésitez pas à faire des commentaires, ça fait vraiment plaisir. Je vous l’accorde c’est un peu chiant de s’inscrire a VOX. Mais bon ce n’est pas non plus insurmontable. Et pour l’instant Marianne alias Marius domine largement cette compétition alors qu’elle vient à peine d’y prendre part. Il Faut dire que c’est une spécialiste du genre. Marius, you’r simply the best.
À demain pour de nouvelles rencontres avec des pays de l’ex-bloc de l’Est.
blog super sympa à visiter où l'on trouve des photos marrantes comme celle-là!!!! read more
on DSC02306